#INFORMATIQUE 11/08/2026

Éteindre ou mettre en veille son ordinateur : que faut-il faire ?

Avatar de Rémy Rémy K.

Fin de journée. Vous rabattez l'écran du portable, la petite diode se met à respirer doucement, et vous partez. Ou alors vous laissez le fixe allumé, parce que demain matin tout sera là : les onglets ouverts, le document en cours, le mail commencé. Pratique. Mais un petit doute traîne quelque part : est-ce qu'il ne faudrait pas l'éteindre, cette machine ?

Sur ce sujet, deux idées reçues se font face. La première affirme que la veille ne consomme rien, alors autant ne jamais éteindre. La seconde jure qu'allumer et éteindre use l'ordinateur, alors surtout ne pas toucher au bouton. Les deux se trompent, chacune à sa manière. Et le meilleur argument pour redémarrer votre machine de temps en temps n'est ni l'électricité ni l'usure. On démêle tout ça.

 

1. Veille, veille prolongée, arrêt : trois façons de quitter la pièce

Commençons par mettre des mots précis sur ce qui se cache derrière le bouton d'alimentation, parce que les trois options ne font pas du tout la même chose :

La veille. L'ordinateur s'endort mais reste sous tension, prêt à repartir. Microsoft le résume dans sa page d'aide officielle : la veille consomme très peu d'énergie et vous ramène instantanément là où vous en étiez.

La veille prolongée. Pensée pour les absences plus longues, elle consomme encore moins que la veille. Au redémarrage, vous retrouvez votre travail exactement là où vous l'aviez laissé, simplement un peu moins vite qu'en sortant d'une veille simple.

L'arrêt complet. Tout est fermé, la mémoire est vidée, le système s'arrête pour de bon. Au prochain démarrage, l'ordinateur repart de zéro. Et c'est justement ce "repartir de zéro" qui fera toute la différence un peu plus loin.

C'est un peu comme quitter votre cuisine au milieu d'une recette. La veille, c'est laisser les ingrédients sur le plan de travail et le four en température : vous reprenez dans la seconde, mais le four tire encore un peu de courant. La veille prolongée, c'est tout ranger au frigo avec la recette annotée : il faudra ressortir les plats pour reprendre, mais le four ne chauffe plus pendant votre absence. L'arrêt, c'est la cuisine propre et rangée. On repart sur un plan de travail net.

 

2. "La veille ne consomme rien" : voyons ce que dit la loi

Première idée reçue à démonter. Non, la veille ne consomme pas rien. L'ADEME, l'agence publique de la transition écologique, le rappelle noir sur blanc : "même en veille, un ordinateur consomme de l'électricité". Et sa recommandation est très concrète : débrancher l'ordinateur au-delà d'une heure d'absence, et l'éteindre systématiquement en fin de journée.

Mais remettons tout de suite les choses à leur place, parce qu'il ne s'agit pas de sommes folles. Depuis 2014, un règlement européen d'écoconception plafonne ce que les ordinateurs vendus en Europe ont le droit de consommer : au maximum 5 watts en veille pour un ordinateur de bureau, 3 watts pour un portable, et 1 watt une fois la machine éteinte mais encore branchée, avec quelques tolérances de moins d'un watt quand des fonctions comme le réveil par le réseau restent actives. Oui, vous avez bien lu : même éteint, un ordinateur branché peut continuer de tirer un filet de courant. C'est pour cela que l'ADEME parle de débrancher, et pas seulement d'éteindre.

Pour une machine récente, conforme à ce règlement, la veille se chiffre donc en quelques watts, pas en dizaines ; une machine plus ancienne, elle, peut consommer davantage. Ce n'est pas ce poste-là qui fera déraper votre facture, mais multiplié par des nuits entières et des millions de machines, il finit par peser.

Presque rien, ce n'est pas rien.

 

3. "Allumer et éteindre use la machine" : voyons ce que dit un fabricant

Deuxième idée reçue, dans l'autre sens. Elle vient du temps des disques durs mécaniques. Western Digital, l'un des principaux fabricants de stockage, raconte dans un livre blanc technique qu'il y a bien des années, la fiabilité de ces disques dépendait surtout du nombre d'heures passées sous tension et de leur température. Détail amusant : ce constat-là plaidait plutôt pour éteindre la machine que pour la laisser tourner. Et sur les disques durs modernes, poursuit le même document, ces heures de fonctionnement ont perdu leur importance, c'est le volume de données transférées qui compte. Quant aux SSD, ces disques sans aucune pièce mobile qui équipent les machines récentes, leur usure dépend du nombre de cycles d'écriture et d'effacement des données. Pas du bouton marche/arrêt.

Autrement dit, éteindre votre ordinateur chaque soir ne le fatigue pas. Ce qui compte pour son avenir, c'est l'usage global et l'entretien, et cela vaut la peine de le garder longtemps : l'ADEME rappelle qu'utiliser son ordinateur 4 ans plutôt que 2 améliore de 50 % son bilan environnemental.

Ce n'est pas le bouton d'alimentation qui use une machine.

 

4. Le vrai argument, celui qu'on n'attend pas : les mises à jour

Voici le point que presque personne ne mentionne dans ce débat, et c'est pourtant le plus important. Une machine qui passe sa vie en veille ne redémarre jamais. Or certaines mises à jour de sécurité ont besoin d'un redémarrage pour s'appliquer. Ce n'est pas un caprice de Windows : Microsoft explique que certains fichiers système sont utilisés en permanence tant que le système fonctionne, et ne peuvent être remplacés qu'au démarrage suivant. Tant que ce redémarrage n'a pas eu lieu, la correction n'est pas complètement appliquée, et l'ordinateur peut rester vulnérable.

C'est le cercle vicieux de la veille permanente : le correctif est téléchargé, il attend sagement son heure, et la faille qu'il devait boucher reste ouverte tant que la machine n'a pas redémarré. Cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif national d'assistance aux victimes d'actes de cybermalveillance, insiste : il est primordial d'installer les mises à jour dès qu'elles sont disponibles, et note justement que le redémarrage qu'elles réclament est l'une des raisons qui poussent à les repousser.

Une mise à jour qui attend un redémarrage ne protège encore personne.

Petite nuance pour les utilisateurs de Mac : branché sur secteur, un Mac en veille peut télécharger des mises à jour en arrière-plan. C'est appréciable, mais télécharger n'est pas installer : le redémarrage garde le dernier mot.

Petite nuance aussi pour Windows : une option appelée “démarrage rapide”, activée d’origine sur la plupart des PC, fait que le bouton Arrêter ne repart pas complètement de zéro. Une partie du système est mise de côté pour rallumer plus vite, un peu comme une veille prolongée déguisée. De temps en temps, cliquez plutôt sur Redémarrer : c’est le seul bouton qui remet vraiment tout à plat et applique les correctifs en attente.

Rassurez-vous, rien d'irréversible pour autant : le correctif ne demande qu'un vrai redémarrage pour faire son travail, et cela ne prend qu'une minute. La règle simple à retenir rejoint la recommandation de l'ADEME citée plus haut : la veille pour les courtes absences, l'arrêt en fin de journée. Votre machine consommera un peu moins, et surtout, elle repartira chaque matin avec ses défenses à jour.

 

Conclusion

Vous pouvez donc arrêter de culpabiliser dans les deux sens. Mettre en veille pour la pause déjeuner n'a rien d'un gouffre énergétique, et éteindre le soir n'abîme rien du tout. Le geste qui compte vraiment, c'est le redémarrage régulier, parce que c'est lui qui transforme les mises à jour téléchargées en protections réelles.

Chez iatko, nous réglons exactement ce genre de détail lors de nos interventions de conseil et d'entretien : des options d'alimentation adaptées à votre usage réel, des mises à jour qui s'installent effectivement, et une machine qui reste saine dans la durée. Si votre ordinateur n'a pas connu un vrai redémarrage depuis des semaines, n'hésitez pas à nous contacter.

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